Le mythe
d'Apollon

Apollon et Artémis

Le revers de ce vase illustre une légende rarement représentée et qui a donné son nom au peintre. Nous y voyons le massacre des enfants de Niobé par Apollon et sa sœur Artémis. Niobé, mère de sept filles et de sept garçons, s’était vantée d’être supérieure à la déesse Léto qui n’avait eu que deux enfants. À la demande de leur mère, outragée, Apollon et Artémis tuèrent tous les enfants de l’infortunée mortelle. C’est ce moment que le peintre a choisi de représenter : les archers divins abattent de leurs flèches quatre Niobides, une fille et trois garçons, dans un paysage accidenté. Deux d’entre eux gisent à terre, déjà morts. Apollon n’est pas seulement le dieu de la poésie et de la musique, il est aussi un dieu guerrier, capable, avec son arc et ses flèches, de provoquer la mort.

Pour découvrir cette œuvre, rendez-vous dans l’aile Denon du musée du Louvre, salle 407 !

Sophie Padel-Imbaud, documentaliste scientifique au département des Antiquités grecques, romaines et étrusques du musée du Louvre.

Cratère des Niobides
Attribué au Peintre des Niobides, Cratère en calice (vase à mélanger le vin et l’eau) à figures rouges dit « cratère des Niobides », produit à Athènes ; Face A : Athéna, héros et guerriers au sanctuaire d’Héraclès à Marathon – Face B : Apollon et Artémis massacrant les enfants de Niobé (Niobides) ; argile ; H. 54 cm. D. 56 cm ; vers 460-450 av. J.-C., Paris, musée du Louvre, G 341.
© RMN – Grand Palais (Musée du Louvre) / Hervé Lewandowski

Anonyme, Apollon tuant les enfants de Niobé
Dessin anonyme, d’après Polidoro da Caravaggio, retouché par Rubens ; Apollon tuant les fils de Niobé ; pierre noire sur papier bleu, retouché avec du lavis brun-vert et rehaussé de gouache blanche et crème ; H.16,3 cm, L. 24 cm ; XVIe siècle, Paris, musée du Louvre, INV. 20246.
© RMN – Grand Palais (Musée du Louvre) / Adrien Didierjean

Reine de Thèbes, Niobé eut l’audace de vanter la supériorité de sa descendance sur celle de Léto, qui n’avait que deux enfants, Apollon et Diane. Ces derniers punirent l’orgueil démesuré (hubris) de Niobé en tuant à coup de flèches ses sept garçons et ses sept filles.
Le dessin du musée du Louvre est une copie ancienne de la frise de l’Histoire de Niobé peinte par Polidoro da Caravaggio, élève de Raphaël, sous les fenêtres du premier étage du palais Milesi à Rome. La décoration à fresque de la façade, qui n’a pas été conservée, nous est connue grâce à la description de Vasari et grâce à des copies dessinées ou gravées.
Cette feuille de belle qualité, exécutée au XVIe siècle, fut acquise par Rubens. Le maître anversois s’était constitué au fil des ans une importante collection de copies d’après les chefs d’œuvre de la Renaissance italienne. Il avait pour habitude de les retoucher afin d’en compléter les compositions, avec l’ajout de bandes de papier – comme ici pour le drapé d’Apollon à gauche – ou bien des reprises à la pointe du pinceau, tels les sabots des chevaux au premier plan. Il employait également des rehauts de lavis brun ou de gouache blanche pour renforcer les contrastes et donner plus d’ampleur aux personnages.

Pour découvrir cette œuvre, rendez-vous au département des Arts graphiques du musée du Louvre !

Olivia Savatier Sjöholm, conservatrice au département des Arts graphiques du musée du Louvre.

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