Période Napoléonienne 1806
1808

Napoléon visitant l'escalier du Louvre sous la conduite des architectes Percier et Fontaine
© RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Martine Beck-Coppola

L'arc de triomphe du Carrousel, hommage à la Grande Armée voulu par l’empereur Napoléon Ier, a été édifié entre 1806 et 1809 par Pierre Fontaine et son associé Charles Percier. Ils créèrent un monument inspiré par les arcs des empereurs Septime Sévère et Constantin à Rome, mais de plus petite dimension. Il se distingue en outre par sa riche polychromie due à la diversité des matériaux utilisés.

 
 

Les deux architectes, qui laissèrent leur empreinte dans l’histoire architecturale du Louvre et des Tuileries, vont être contraints de collaborer avec leur rival, Dominique-Vivant Denon, le directeur du musée du Louvre alors « Musée Napoléon ». Ils se sont d’abord opposés sur l’implantation même de l’arc : devait-t-il être aligné sur le Louvre ou sur l’entrée principale du palais des Tuileries ? C’est cette dernière option, défendue par Fontaine, qui finira par l’emporter.

Au sommet, l’arc était surmonté du quadrige en bronze de Saint-Marc, issu des saisies révolutionnaires à Venise.
Un jour de revue sous l’Empire
© RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Franck Raux

Denon, qui exerce son influence sur toute la vie artistique, est en charge du décor sculpté : il va en écrire le programme et en répartir l’exécution entre les sculpteurs. Il se composait, entre autres, d’une série de bas-reliefs illustrant la campagne d’Allemagne de 1805 et de statues de soldats des principaux corps de l’armée de Napoléon. Au sommet, l’arc était surmonté du quadrige en bronze de Saint-Marc, issu des saisies révolutionnaires à Venise. Il devait être complété d’une monumentale statue en plomb de Napoléon Ier, qui, à peine installée, fut retirée, car elle ne satisfit pas l’Empereur.

Vivant-Denon travaillant dans la salle de Diane au Louvre
© RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / T. Le Mage

À la chute de l’Empire, en 1815, l’arc est progressivement dépouillé de son décor. Les chevaux de Saint-Marc sont restitués puis les reliefs déposés. La destruction totale de l’arc est même un temps envisagée. Toutefois, Louis XVIII qui souhaite achever les grands monuments parisiens de conception impériale afin de leur faire servir la gloire de la dynastie des Bourbons, commande en 1823 de nouveaux bas-reliefs ayant pour sujet la campagne d’Espagne. Le Comte de Forbin, directeur des musées royaux, dirige le chantier et confie au sculpteur Bosio la réalisation d’un nouveau quadrige. Copié sur l’ancien et conduit par les Victoires de Lemot, réutilisées, il porte l’allégorie de la Restauration tenant un sceptre orné de l’image de Louis XVIII.

À la chute de l’Empire, en 1815, l’arc est progressivement dépouillé de son décor.

La Révolution de Juillet 1830 interrompt brutalement les travaux et amène à une nouvelle révision du décor puisque les bas-reliefs originaux qui avaient été conservés au musée du Louvre sont replacés sur l’arc en 1831. Avec la chute du Second Empire et l’incendie du Palais des Tuileries dans la nuit du 23 au 24 mai 1871, l’arc perd définitivement son rôle initial de porte triomphale.


 

De la restauration
à la commune
1815
1871

L’arc du Carrousel dépouillé de son décor sous la Restauration
© Bibliothèque nationale de France
Panorama, incendie des Tuileries, 24 mai 1871
© Musée Carnavalet/Roger-Viollet

La chute de l'empire 1815
aujourd'hui

Près d’une douzaine d’années après le grand incendie de 1871, les vestiges du palais des Tuileries sont détruits. L’arc du Carrousel, devient un motif récurrent pour les peintres et les photographes de la Belle Epoque. Son état de conservation est cependant de plus en plus préoccupant, malgré les réparations menées par l’architecte Edmond Guillaume, qui aménage également le site en jardin en 1889, à l’occasion du Centenaire de la Révolution et de l’Exposition Universelle. Ce n’est qu’à partir d’août 1930 qu’une nouvelle restauration est entreprise par l’architecte Albert Ferran, dans un contexte financier très difficile à l’aube de la Seconde guerre mondiale. Ainsi, l’ensemble du projet de restauration ne put être mené à son terme, les sculptures en particulier, en très mauvais état, ne furent pas remplacées par des copies comme cela avait été envisagé.

Il fut menacé de destruction à l’effondrement de l’Empire, survécut à l’incendie des Tuileries et traversa deux guerres mondiales.

 
Le palais des Tuileries après l'incendie de mai 1871
© BHVP/Roger-Viollet

Une nouvelle page de l’histoire de l’arc du Carrousel s’ouvre avec le Grand Louvre. L’arc, qui, privé du palais, avait toujours semblé un peu perdu face au Louvre, va trouver une nouvelle place lors de la recréation du jardin du Carrousel, rendu nécessaire par tous les aménagements souterrains du site.

Suite au concours remporté par Jacques et Peter Wirtz en 1990, il s’inscrit désormais dans une nouvelle composition paysagère dont il est le pivot. Il est le point central d’où partent des haies taillées et dessinées tels des rayons vers le couchant. L’arc du Carrousel participe ainsi d’un nouvel équilibre dans le dialogue qui se noue entre le palais et ses jardins, tout en demeurant le premier jalon de la grande perspective qui structure l’Ouest parisien, jusqu’à la Grande Arche de la Défense.

Il s’inscrit désormais dans une nouvelle composition paysagère dont il est le pivot.

La survie de l’arc du Carrousel tient aujourd’hui du miracle : en deux cents ans d’histoire, il fut menacé de destruction à l’effondrement de l’Empire, survécut à l’incendie des Tuileries et traversa deux guerres mondiales. Cette histoire tourmentée rendit difficile la mise en œuvre du grand chantier pourtant nécessaire à la conservation de ses matériaux précieux et de son incroyable décor sculpté.


 
Vue des ruines des Tuileries
© RMN - Grand Palais (Musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle
Vue des travaux du Grand Louvre (1984-1985)

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