Découvrez l’arc du Carrousel à travers les yeux de scientifiques,
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L’arc vu par…les Chevaux de Saint-Marc

9 octobre 2018


Perché au-dessus de l’arc du Carrousel, un majestueux attelage toise les passants. D’apparence antique, celui-ci n’est pourtant qu’une copie datant de 1827.
Lorsqu’en 1806, Napoléon demande à Dominique-Vivant Denon de se charger du décor sculpté de l’arc de triomphe du Carrousel, ce dernier décide de le surmonter d’un tout autre quadrige : celui de Saint-Marc.
Statues antiques emblématiques de la Cité des Doges, les chevaux de Saint-Marc ont eu une existence tourmentée. En 1797, à la suite de la première campagne d’Italie, Napoléon Bonaparte s’empare de Venise et retire à ses habitants ces superbes chevaux installés sur la façade de la basilique Saint-Marc. Pesant 900 kg chacun, hauts de 2,33 mètres, ils sont descendus du portique de la basilique et transportés à Paris. Ces chevaux fascinent. Présents à Paris pendant dix-sept ans, ils sont d’abord emmenés aux Invalides puis à la cour des Tuileries, pour enfin couronner l’arc de triomphe du Carrousel en 1808. C’est à la chute de l’Empire, en 1815, qu’ils sont restitués aux Italiens et retrouvent leur place sur la basilique de Saint-Marc.

Pour les remplacer au sommet de l’arc du Carrousel, le Comte de Forbin, directeur des musées royaux, confie en 1827 au sculpteur Bosio la réalisation d’un nouveau quadrige copié sur l’ancien. C’est ce même ensemble qui se situe encore aujourd’hui au sommet du monument.

Les chevaux de Saint-Marc ont quant à eux fait couler beaucoup d’encre et sont l’objet de nombreuses représentations. Le célèbre poète, romancier et critique d’art français Théophile Gautier les évoque dans son ouvrage Italia, en 1855, en ces termes :
« C'est au-dessus de ce porche, sur la galerie qui fait le tour de l'église, que sont placés, ayant pour socles des piliers antiques, les célèbres chevaux qui ont orné un instant l'arc de triomphe du Carrousel. […] Ces chevaux, de grandeur naturelle, un peu ramassés dans leur encolure, la crinière droite et coupée comme celle des chevaux du Parthénon, peuvent être classés parmi les plus beaux restes de l'antiquité.»

Aujourd’hui, ils ont été déplacés dans le musée de la basilique Saint-Marc, afin de mieux les conserver. Ce sont des répliques qui ornent la façade de la basilique.

Références
CHEVALLIER, Raymond. Les chevaux de Saint-Marc, ou la vie aventureuse de l'œuvre d'art. Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 1978-1979, 1982. pp. 61-72.
GAUTHIER, Théophile. Italia. 1855.
ALBIGÈS, Luce-Marie. Présence des chevaux de Venise à Paris, de 1798 à 1815. L’Histoire par l'image. Mai 2003.

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