Le mythe
d'Apollon

Le combat
contre Python

D’après Praxitèle, Apollon sauroctone (« Tueur de lézard »), marbre de Paros, H. 1,67 m, Italie, 1er siècle ap. J.-C (?), d’après un original grec, vers 350-340 av. J.-C, Paris, musée du Louvre, Ma 441.

La statue est l’une des meilleures répliques romaines d’un chef-d’œuvre du sculpteur athénien Praxitèle, actif au IVe siècle avant J.-C. Le dieu des arts, représenté sous les traits d’un adolescent presque androgyne, s’apprête à tuer un lézard courant le long d’un tronc d’arbre. La scène fait référence au caractère protecteur du dieu contre les épidémies et les animaux nuisibles, comme les gros lézards infestant les campagnes grecques. De façon plus allégorique, l’œuvre fait peut-être aussi allusion à sa lutte contre l’énorme serpent Python pour installer son sanctuaire et son oracle à Delphes. La douceur du visage d’Apollon, la fluidité des masses musculaires ainsi que le jeu de courbes et de contre-courbes de la composition sont autant de caractéristiques de l’art de Praxitèle.

Pour découvrir cette œuvre, rendez-vous dans l’aile Sully du musée du Louvre, salle 348 !

Ludovic Laugier, conservateur au département des Antiquités grecques, étrusques et romaines du musée du Louvre.

D’après Praxitèle, Apollon sauroctone (« Tueur de lézard »)
Marbre de Paros, H. 1,67 m, Italie, 1er siècle ap. J.-C( ?), d’après un original grec, vers 350-340 av. J.-C, Paris, musée du Louvre, Ma 441.
© Musée du Louvre, dist. RMN – Grand Palais / Daniel Lebée et Carine Deambrosis

Anonyme italien, Apollon vainqueur de Python bronze
Bronze, H. 2,085 m, deuxième quart du XVIe siècle, Paris, musée du Louvre, MR 3261.
© 2007 Musée du Louvre / Pierre Philibert

Si l’on ignore le nom de l’artiste, les différentes attributions tantôt en faveur de Michel-Ange (1475-1564) tantôt de Giovanni Francesco Rustici (1475-1554) sont révélatrices de l’allure toute « maniériste » qui caractérise cette œuvre.
En illustrant la victoire d’Apollon sur Python, le dragon-serpent qui gardait l’oracle de Delphes et dont l’histoire nous est relayée par divers auteurs grecs et romains, le thème choisi poursuit ce goût pour l’Antiquité qui se développe en Italie depuis le Quattrocento. Si certains détails classicisants font écho à des œuvres antiques, tel l’Apollon du Belvédère (connu à Rome au début du XVIe siècle), d’autres éléments trahissent néanmoins des archétypes bel et bien florentins, dont cette œuvre fait une étonnante synthèse. Il en va ainsi du contrapposto, dans lequel se reflète le schéma traditionnel pour les figures héroïques masculines instauré par le David de Donatello vers 1440 (le vainqueur, debout, signale son triomphe le pied posé sur le vaincu qui gît à terre) ; mais aussi du goût pour les mouvements plus affectés, témoins du temps où Michel-Ange, aux prises avec les sculptures du tombeau de Jules II, réalise l’Esclave mourant dans les premières décennies du XVIe siècle (MR 1590). Un mélange singulier, à qui cet Apollon doit à la fois son caractère victorieux et son attitude lascive.

Pour découvrir cette œuvre, rendez-vous dans l’aile Denon du musée du Louvre, salle 403 !

Fabio Gaffo, département des Sculptures du musée du Louvre.

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