Le mythe
d'Apollon

Les Amours d’Apollon

Ce tableau a été offert en 1693 au roi Louis XIV par André Le Nôtre, le créateur de ses jardins. L’Albane était alors très apprécié des amateurs français et à la fin de son règne, le souverain possédait vingt-huit de ses peintures.

Le sujet du tableau est tiré des Métamorphoses d’Ovide (I, 452-567) : moqué par Apollon de l’usage qu’il faisait de son arc, l’Amour, fils de Vénus, a tiré deux flèches dont l’une faisait naître l’amour, tandis que l’autre le mettait en fuite. Daphné a été atteinte par la seconde mais la première a touché Apollon, qui veut la rejoindre pour lui déclarer sa passion. Fuyant pour lui échapper, la nymphe a demandé secours à son père, le fleuve Pénée, et sera transformée en laurier au moment où Apollon parviendra à l’atteindre.

Les peintres ont généralement représenté ce dernier instant, en montrant le début de la transformation de Daphné, mais l’Albane a peint un moment antérieur de la course d’Apollon. La main droite tendue vers la nymphe qui se retourne pour mesurer son avance, il semble lui reprocher son indifférence pendant que l’Amour, porté sur un nuage, se moque de son ennemi.

Pour découvrir cette œuvre, rendez-vous dans l’aile Denon du musée du Louvre, salle 716 !

Stéphane Loire, conservateur au département des Peintures du musée du Louvre.

L’Albane, Apollon et Daphné
Francesco Albani, dit L’Albane (1578-1660), Apollon et Daphné, huile sur cuivre, H. 0,175 cm ; L. 0,355 cm, vers 1615-1620, Paris, musée du Louvre, INV. 18.
© RMN – Grand Palais (Musée du Louvre) / Benoît Touchard

Guillaume et Nicolas Coustou, Apollon poursuivant Daphné
Nicolas Coustou (1658-1733), Apollon, marbre, H. 1,35 m, signé et daté 1714 (MR 1805) ; et Guillaume Coustou (1677-1746), Daphné, marbre, H. 1,32 m, signé, Paris, musée du Louvre, MR 1807.
© Musée du Louvre, dist. RMN – Grand Palais / Thierry Ollivier

À la fin du règne de Louis XIV, Nicolas Coustou reçut la commande d’Apollon dont le pendant Daphné était confié à son frère Guillaume. Ces deux figures furent placées, chacune, au centre d’un des bassins des Carpes au château de Marly, reconstituant visuellement la poursuite de la nymphe par le dieu.
Selon les Métamorphoses d’Ovide, Apollon touché par une flèche de l’Amour s’éprend de Daphné, qu’il poursuit. C’est ce moment que représentent les frères Coustou et qui n’est pas sans rappeler le tableau de l’Albane (Louvre, Inv. 18) que Louis XIV conservait dans sa collection à Versailles. Pour échapper au dieu, Daphné sera métamorphosée en laurier, épisode retenu par Bernin dans sa célèbre sculpture (Rome, villa Borghèse).
Conçues sur le modèle antique de l’Atalante, copié par Lepautre pour Marly (Louvre, MR 1804), ces deux figures à la beauté classique se répondent dans leur course effrénée et offrent une vision harmonieuse, malgré le sentiment d’effroi de la nymphe. Coustou saisit le jeune dieu en mouvement, un pied au sol, les bras en tension, le corps basculant en avant et les cheveux rejetés en arrière. La légèreté et le dynamisme se dégagent de ce groupe, montrant une évolution dans la sculpture du début du XVIIIème siècle.

Pour découvrir cette œuvre, rendez-vous dans l’aile Richelieu du musée du Louvre, cour Marly !

Laure Starcky, documentaliste au département des Sculptures du musée du Louvre.

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