Les propriétaires du livre d'heures

Le livre d'heures se distingue par sa provenance exceptionnelle. Ce manuscrit a connu une histoire extraordinaire en passant par les mains de François Ier, d'Henri IV, du Cardinal Mazarin, avant de prendre le chemin de l'Angleterre au début du 18ème siècle. Découvrez les visages de ses propriétaires.

François Ier (1494-1547)

François 1er

François Ier, roi de France de Jean Clouet © Musée du Louvre

Le 2 janvier 1538, François Ier acquiert le livre d'heures auprès du marchand-joallier Allart Plommyer. Il apparaît à cette date dans les dépenses du roi sous la forme suivante : « Ung livre d'heures escript en parchemin enrichy de rubis et turquoises couvert de deux grandes cornalynes et garny d'un rubis fermant à la fermeture d'Icelleluy ».

Jeanne d’Albret (1528-1572)

Jeanne d’Albret

Portrait de Jeanne d'Albret de Marie-Victoire Jaquotot © Musée du Louvre

François Ier offre ensuite ce trésor à sa nièce Jeanne d’Albret, reine de Navarre (1528-1572) et mère d’Henri IV. Il apparait dans l’inventaire de ses biens au château de Pau en 1561 :« Une paire d’heures garnyes d’or, le couvercle de cornaline gravée d’une sainte Barbe, d’un costé, et d’une sainte Catherine (…), enrichy de rubis et turquoyses (…), ung Crucifix ung saint Françoys et ung saint Hyérosme sur le dos du livre (…), fermé d’un gros rubis (…) ».

Henri IV (1553-1610)

Henri IV

Henri IV, roi de France (1553-1610) en costume noir, de Pourbus, Frans II, dit le Jeune © Musée du Louvre

À la mort de Jeanne d'Albret en 1572, le chef-d'œuvre est transmis en héritage à Henri IV, roi de France et de Navarre. On le retrouve dans l'inventaire des objets rares et riches orfèvreries provenant des Foix, des Albret, des Alençon et Bourbons établi à Fontainebleau en 1601-1602 :« Livre d'or où sont enchasés aux deux costez deux grandes cornalines et en la fermeture d'icelle un grand rubis cabochon (...) ».

Marie de Médicis (1553-1610)

Marie de Médicis

Portrait de Marie de Médicis de Jaquotot, Marie Victoire© Musée du Louvre

En 1604, c’est l'épouse d'Henri IV, Marie de Médicis, qui le choisit pour orner son Cabinet au palais du Louvre. Quelques années plus tard, elle s’en sépare, comme elle le fit pour d’autres objets précieux des collections royales, au profit du cardinal Mazarin.

Cardinal Mazarin (1602-1661)

Cardinal Mazarin

Cardinal Mazarin de Pierre Mignard © RMN-Grand Palais (domaine de Chantilly) / Harry Bréjat

Après avoir appartenu à la famille d'Henri IV, ce joyau de la Renaissance rejoint les collections du cardinal Mazarin où il est dûment enregistré dans son inventaire après-décès en 1661 :« Un autre livre d'heures en petit volume escript sur velin avec figure de mignature couvert d'or enrichy de deux carnalines gravées sur les deux couvercles et de rubis et tournoises estimé 2001. »

Richard Mead (1673-1754)

Richard Mead

DR. Richard Mead, d’Allam Ramsay © National Portrait Gallery, London

Au début du 18ème siècle, le livre d’heures quitte la France et rejoint alors la collection de Richard Mead, médecin britannique de renom et grand amateur d’art. Le joyau de François Ier est exposé dans son musée Londonien jusqu’à la mort de son propriétaire en 1754.

Horace Walpole (1717-1797)

Horace Walpole

Horace Walpole, de John Giles Eccardt © National Portrait Gallery, London

Le célèbre collectionneur Horace Walpole acquiert le livre d’heures à la mort de Richard Mead et le signale lui-même dans la description de sa demeure de Strawberry Hall en 1784. Il place l’œuvre dans la Tribune, au sein des fleurons de ses collections :« A magnificent missal with miniatures by Raphael, and adorned with rubies and turquoises : the sides are cornelians, engraved with religious subjects, the clasp a large garnet ». Le joyau entre ensuite dans la collection de sa petite nièce, Laure, comtesse Waldegrave, puis à sa descendance avant d’être vendu en 1842.

Alfred de Rothschild
(1842-1918)

Alfred de Rothschild

Alfred de Rothschild © Farabola/Leemage

Alfred de Rothschild acquiert ensuite le livre d’heures avant de le transmettre à sa fille Almina Herbert, comtesse de Carnarvon (1876-1969). L’œuvre est ensuite vendue à Londres chez Christie’s le 19 mai 1925. Passé entre plusieurs mains, ce bijou de la Renaissance passe pour la dernière fois en vente à Londres, le 26 mars 1942, date à laquelle l’œuvre est acquise par Martin Norton (maison S.J. Phillips).

 

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