L'œuvre à la loupe

Vivant, le décor du Mastaba l’est par le choix de ses thèmes, éternisant les activités et les plaisirs terrestres. C’est cette vie frémissante, tissée de détails vrais et rapprochements imaginaires, que le visiteur découvre d’une paroi à l’autre, telle qu’il y a 4000 ans. Les histoires de la chapelle nous parlent encore.

Paroi 1 Paroi 2 Paroi 3 Paroi 4 Paroi 5 Paroi 6 Fausse porte

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L'entrée

Sur les murs du passage d'entrée, Akhethétep, de grande taille, assiste à l'arrivée de l'équipement de sa tombe, sa demeure d'éternité : sur le mur gauche, il supervise un chargement d’étoffes et récompense les tisserandes avec des bijoux. À droite, danses rituelles et scène de boucherie accompagnent la cérémonie d'installation de ses statues dans la tombe.

Debout, une longue canne dans la main droite, un « rouleau » dans l’autre, Akhethétep est tourné en direction de la chapelle. Deux petits personnages presque identiques sont figurés à ses pieds. Les inscriptions nous donnent l’identité des deux hommes ; ce sont les fils du défunt.

Une grande statue d’Akhethétep abritée dans une chapelle est tirée sur un traîneau vers la tombe. Son fils « l’inspecteur des médecins Akhethétep » accompagne la procession de fumigations d’encens.

Mesure et rangement des étoffes de lin ; transport des coffres de linges : un appartient à la tombe, l’autre va au Trésor.

Akhethétep est assis en majesté et tâte un carré de tissu de lin que lui présentent des serviteurs. En tant que Secrétaire de la Chambre du Roi, Akhethétep contrôlait cette industrie prestigieuse

Les travaux des champs et des marais

De part et d'autre de la porte, le mur détaille les différentes activités des champs et des marais dont les productions sont destinées à l'alimentation éternelle d'Akhethétep. Des scènes de navigation à la voile en remontant le cours du fleuve vers le sud ou à rame en le descendant vers le nord sont une allusion aux visites dans ses domaines funéraires et aux voyages vers « le champ des offrandes », tous les sanctuaires où il avait une table ouverte.

Dans le cadre étouffant du marécage de papyrus, peut-être dans le Delta du Nil, Akhethétep s’adonne au sport de l’élite : la chasse à l’hippopotame.

Autres scènes de la vie dans les marais, la capture des oiseaux au filet, en haut, et la pêche à la senne, en-dessous, qui assureront l’approvisionnement du domaine. En bas à gauche, deux hommes préparent les conserves de poisson.

Deux bateaux naviguent à la voile, donc vers le sud, peut-être de retour d’une visite dans les domaines du Delta décrits au-dessus. Akhethétep se tient dans le bateau de tête, appuyé sur une grande canne. Le texte dit « Ainsi tout va bien et le voyage sera bon ».

Dans les champs, des paysans moissonnent le blé à la faucille. En-dessous, ils enferment les épis dans de grands filets dans lesquels ils vont les transporter à dos d’âne.

Transport des épis à dos d’âne, puis dépiquage du blé. Les ânes piétinent les épis pour séparer les grains, en tournant sur une aire sous la surveillance des hommes « Surveille-les de tous les côtés » disent-ils.

Au verger, deux paysans crient pour rabattre des oiseaux sous un arbre où va s’abattre un grand filet. Non loin, des chèvres ont dévoré les feuilles d’un autre arbre. Dessous, la navigation vers le nord « vers le champ des offrandes chez le grand dieu».

Le banquet

Le mur nord porte la scène essentielle de la tombe : le repas funéraire. Akhethétep est assis face à un monceau d'offrandes alimentaires réapprovisionné sans cesse par un défilé de femmes chargées des produits de ses domaines funéraires et une scène de boucherie. Musicien, chanteurs et danseuses animent la cérémonie qui prend la forme d’un banquet.

On apporte un panier chargé d’aliments surdimensionnés pour qu’on les reconnaisse bien : laitue romaine, raisin, oignons et pains. Un quatuor assis, composé d’un harpiste, un flûtiste et deux chanteurs, accompagnent une troupe de danseuses et trois chanteuses.

La survie du mort passe par deux viandes fondamentales : la patte de bœuf, abattu spécialement pour l’occasion, et la volaille. En-dessous, des fermières apportent les redevances des fondations funéraires affectées à l’alimentation éternelle d’Akhethétep.

Les offrandes

En face, les scènes du mur sud complètent ce festin avec des défilés de bétail, des coffres et un tableau sur lequel est listé le menu idéal.

Chacune des cases de ce tableau contient un met de choix et sa quantité. Il compose ainsi une sorte de « carte » plutôt qu’un « menu », mis à la disposition du défunt par la magie du nom et de l’écriture qui les rend réels, et où il puisera à son gré.

Offerts pour l’éternité à Akhethétep, du beau gibier sur pied : un oryx blanc, un bouquetin, une antilope et une gazelle. Dessous, la livraison des coffres, sans doute ceux où a été rangé ce beau linge de lin qu'Akhethétep inspectait dans l’entrée.

La fausse porte et table d’offrandes

Face à l’entrée, le mur ouest est sculpté d’une double fausse porte, passage entre le monde des vivants et celui des morts. Une grande table d’offrandes en granite était placée devant. Par ce passage magique, Akhethétep qui reposait dans son caveau creusé sous le mastaba, était censé sortir le jour dans le monde des vivants.

Cette dalle de granite de deux tonnes a été mise en place au cours de la construction de la chapelle. C’est la sculpture d’une table dressée avec tous ses accessoires, prête à recevoir le repas qui y était réellement apporté par les officiants du culte funéraire.